Atténuer le risque météorologique et coordonner les chaînes d’approvisionnement

Atténuer le risque météorologique et coordonner les chaînes d’approvisionnement

Les conditions météorologiques affectent les ventes d’une majorité de produits

La vente de nombreux produits peut être influencée par les conditions météorologiques, que ce soit positivement ou négativement. Le risque pour les fabricants est de réaliser moins de ventes que prévu à cause du mauvais temps. Qui plus est, on s’attend à ce que les conditions météorologiques deviennent de plus en plus variables en raison du changement climatique. Les fabricants peuvent choisir de ne rien faire et subir les conséquences financières, ou bien de transférer partiellement ou intégralement le risque météorologique à des preneurs de risque tels que les compagnies d’assurance. Cet article présente une méthodologie pour transférer le risque météorologique à des preneurs de risque et réduire la volatilité des ventes. Dans notre approche, le risque de mauvais temps est calculé sur la base des conditions défavorables observées par le passé. Nous n’utilisons pas les prévisions météorologiques. Pour illustrer notre démarche, nous étudions le cas de trois entreprises : un fabricant de pièces de rechange automobiles, un distributeur d’habillement et une entreprise fabriquant des produits de protection solaire. 

Écarter l’impact du climat sur les ventes. Comprendre le lien entre les conditions météorologiques et les ventes apporte une valeur considérable aux fabricants. Ils peuvent ainsi mieux mesurer ex post l’influence du temps sur les ventes. Les rapports marketing, financiers ou de ventes sont établis de façon plus objective tandis que l’efficacité de la gestion s’en trouve clairement renforcée.

Des études sont désormais disponibles pour réduire l’impact des mauvaises conditions météorologiques

Nous nous plaçons dans le cadre de la recherche-action : composée de quatre étapes, il s’agit d’une méthode de recherche applicable à la vie réelle de l’organisation appelée CIMO-logic. La première étape consiste à décrire le contexte de l’organisation (le C dans CIMO-logic). La recherche conduit à une intervention (le I) dans le mode de fonctionnement de l’organisation en vue de résoudre le problème.  Une méthode est créée en conjonction avec les membres de l’organisation applicable à d’autres exemples de situations similaires (le M). Les effets de l’application de la méthode sont observés (le O) et comparés à l’état des choses ex ante afin de montrer le résultat de la méthode.

L’Intervention fournit aux fabricants affectés par le climat une Méthode innovante et efficace pour comprendre et atténuer l’impact du mauvais temps sur les ventes avec une couverture financière sur mesure basée sur des indices météorologiques.

Pièces automobiles, vêtements et produits pour le soin de la peau : un bénéfice multi-secteurs

Nous étudions le cas de trois fabricants ayant subi des pertes à cause de conditions météorologiques défavorables. Ils représentent bien les types de risques météorologiques auxquels les fabricants sont exposés. Dans chaque cas, le fabricant vend ses produits par le biais de différents canaux et a un accès limité aux données sur les ventes au consommateur final.

Dans tous ces exemples, il a été possible d’identifier les variables météorologiques les plus importantes, de déterminer en quoi ces variables affectent les ventes des fabricants, et enfin de concevoir un système de protection efficace basé sur des indices pour compenser les chutes des ventes subies par les fabricants en cas de mauvais temps. Les fabricants sont parvenus à réduire considérablement leur exposition aux conditions météorlogiques défavorables, aussi bien en termes d’ampleur des pertes potentielles que d’incertitude vis-à-vis des flux de trésorerie liés aux ventes (le résultat). En outre, le partage des bénéfices de l’Intervention proposée avec les commerçants permet d’améliorer la coordination et le service client.

D’une attitude de résistance et contournement à une méthode de préparation et de gestion face aux risques météorologiques

Notre recherche ouvre de nouvelles perspectives pour les responsables des chaînes d’approvisionnement et des opérations. En effet, elle leur propose d’appliquer des instruments tels que les contrats à terme, les swaps ou les options qui sont traditionnellement utilisés par les directeurs financiers dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture pour pallier les effets du climat. Pour les compagnies d’assurance, ces résultats sont synonymes de nouvelles opportunités commerciales puisqu’elles peuvent désormais diversifier leur portefeuille de clients concernés par le risque météorologique en attirant des secteurs autres que l’énergie et l’agriculture.

Hedging weather risk and coordinating supply chains, Xavier Brusset Jean-Louis Bertrand 2018 Journal of Operations Management Volume 64  doi.org/10.1016/j.jom.2018.10.002

Xavier BrussetProfessor of Supply Chain Management, PRISM Research Centre, SKEMA Business School - University Côte d'Azur, France

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Jean-Louis BertrandProfessor of Finance, ESSCA

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